Frustrés de voir leurs pubs de quartier anglais disparaître, des clients organisent la riposte. Créant des coopératives, ils rachètent les établissements et en deviennent actionnaires, témoigne The Independent.
Situé dans une ruelle à l’écart du passage, le Star Inn est un vrai pub de quartier. Derrière ses portes battantes vertes, l’endroit est chaleureux et imprégné d’histoire. Le tournoi hebdomadaire de fléchettes se joue encore sur une cible de Manchester, en bois. Il faut l’immerger dans un seau d’eau pour lui garder toute sa souplesse.
Il y a dix ans, ce quartier du nord de Salford [nord-ouest de la Grande-Bretagne] comptait huit pubs en plus du Star. Ils ont fermé l’un après l’autre. Juste avant Noël, le Star a failli connaître le même sort. Robinson, la brasserie qui en était propriétaire, avait décidé de le vendre et affiché un avis de fermeture. Les clients ont alors créé une coopérative et racheté leur bar pour 80 000 livres [88 000 euros].
« C’était une décision très simple », explique Tim Worden, un médecin de quartier qui compte parmi les 65 actionnaires du Star. « Nous voulions que nos petits-enfants puissent voir ce qu’était un pub de quartier. Si le Star avait disparu, le pub le plus proche aurait été à vingt bonnes minutes à pied ou il aurait fallu prendre un taxi pour se rendre dans le centre-ville. Et nous savions tous comment sont les pubs là-bas. »
Ces dernières années, des habitants ont créé des coopératives dans les villages pour sauver un magasin ou leur poste, mais les pubs avaient échappé jusqu’ici à cette tendance. Les choses commencent à changer. Le Star est le second pub à être devenu une coopérative avec des actionnaires et – si l’affaire est rentable – des dividendes payés en espèces ou en bière. Deux autres coopératives sont en cours d’ouverture. Et le premier pub coopérative de Grande-Bretagne, l’Old Crown, qui se trouve à Hesket Newmarket, en Cumbria, se porte de mieux en mieux.
« Toutes ne vont pas marcher, mais, dans les quartiers où il ne reste plus qu’un pub, les coopératives pourraient enregistrer de très bons résultats », prophétise Ed Mayo, le président de Co-operatives UK, la fédération nationale des coopératives. « Elles ont remarquablement réussi à redresser des industries en difficulté. »
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Mise à jour - Le vendredi 23 juillet 2010