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Le jeudi 8 mars 2012

Les banques coopératives allemandes secouées par la Grèce

Les banques coopératives ont vu leur résultat imposable divisé par cinq du fait de la crise de la dette de la zone euro. Les caisses d'épargne s'en tirent bien mieux.

Caisses d'épargne qui rient, banques coopératives qui pleurent. En Allemagne, les importantes provisions passées sur les portefeuilles de titres grecs et de la périphérie de la zone euro ont impacté différemment les résultats de deux grands secteurs du paysage bancaire allemand. Le groupe des banques coopératives DZ Bank a vu l'an dernier son résultat avant impôt fondre à 324 millions d'euros, étant divisé par cinq sur un an. La Fédération des caisses d'épargne DSGV a publié quant à elle un résultat en légère hausse, à 4,7 milliards d'euros. Deutsche Bank, avec un solde de 5,4 milliards d'euros, a fait tout juste mieux.

La crise de la dette a conduit chez DZ Bank à passer 451 millions d'euros de provisions sur le portefeuille d'obligations grecques, et 1,11 milliard supplémentaire pour corriger la valeur des titres détenus sur d'autres pays périphériques de la zone euro. Le président de la banque, Wolfgang Kirsch, ne pouvait hier que déplorer un tel résultat, en se consolant sur le fait que l'activité avec la clientèle privée avait, elle, bien performé. Hors dépréciations sur les titres souverains, la banque a dégagé un résultat imposable de 1,9 milliard d'euros, supérieur à celui de 2010 (1,62 milliard d'euros). Pour 2012, le banquier espère retrouver un niveau de résultat proche de 2010, sans compter des effets exogènes liés à la crise de la dette. L'exposition du groupe à la dette souveraine a été réduit de 45% depuis 2009, passant de 10,3 à 5,7 milliards d'euros.

Volume de crédit en hausse

Du côté des 426 caisses d'épargne regroupées sous le toit de la DSGV, les dépréciations sur les portefeuilles de dette d'Etats de la zone euro en difficulté ont grimpé à 1,2 milliard d'euros, soit près d'un milliard d'euro de plus qu'en 2010. Le groupe a par ailleurs dû déprécier à hauteur de 850 millions d'euros sa participation dans la Landesbank de Berlin, achetée en 2007 pour quelque 5,3 milliards d'euros, et renfermant la caisse d'épargne de Berlin. Ces mauvaises surprises ont été plus que compensées par ailleurs, notamment grâce à de bien moindres provisions sur le risque de crédit, abaissées d'un milliard sur un an. Autant la banque coopérative DZ Bank que l'ensemble des caisses d'épargne ont fait état d'un volume de crédit en hausse de près de 3%, attestant de la vitalité du secteur auprès des petites et grandes entreprises.
Pour sa dernière conférence de presse avant son départ en mai prochain, le président du DSGV, Heinrich Haasis, a critiqué les mesures de soutien très avantageuses en termes de liquidités que la Banque centrale européenne vient de conduire. « Qui, à l'instar des caisses d'épargne, constitue pas à pas un excédent de liquidités de 106 milliards d'euros en allant sur le marché, se voit confrontées à une concurrence qui obtient sans mal des liquidités », a-t-il critiqué. Les caisses d'épargne ont de fait très peu participé à la dernière offre de prêt pour trois ans de la BCE.

Le patron de DZ Bank a affirmé de son côté que son institut n'y avait pas du tout goûté. En tout, les banques allemandes ont reçu moins de 50 milliards d'euros de liquidités de la BCE, soit moins de 10% de la somme distribuée, selon la Bundesbank.

Source : Jean-Philippe Lacour, www.lesechos.fr

Mise à jour - Le jeudi 8 mars 2012

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