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Le mercredi 28 mars 2012

Maroc : Un projet de loi en préparation pour restructurer l'économie sociale et solidaire

Le secteur de l'économie sociale dans son ensemble a généré un chiffre d'affaires de 50 milliards de DH pour l'année 2011. Le secteur souffre encore d'une approche caritative, malgré les potentiels économiques dont il regorge. Maroc Taswiq anticipe la réforme du secteur en lançant un programme d'ouverture de magasins solidaires.

Le premier magasin solidaire et équitable vient d’ouvrir ses portes à Casablanca. C’est le premier d’une série de projets similaires qui seront réalisés dans 7 autres grandes villes (Agadir, Marrakech, Rabat, Fès, Meknès, Tanger et Oujda) à l’initiative de Maroc Taswiq, ex-Office de commercialisation et d’exportation (OCE). Aujourd’hui, 140 coopératives de 13 régions du Maroc participent au projet de Maroc Taswiq. Leurs produits sont présentés sur les rayons du magasin casablancais qui offre pas moins de 728 références d’une valeur de 5 MDH. Le réseau de commercialisation comprend aussi un site e-commerce en quatre langues et des vendeurs chargés de démarcher ménagères, grandes et moyennes surfaces (GMS) et épiceries. Les marchés internationaux sont aussi ciblés. Le site internet proposera ainsi une plate-forme pour les paiements internationaux en devises et permettra également au producteur, à travers un code identifiant unique, de suivre avec précision sa situation commerciale et financière. Grâce à cette initiative, «les produits du terroir n’auront jamais été aussi proches des consommateurs à travers cette nouvelle approche qui revalorisera l’économie solidaire et la placera au cœur du développement économique», se félicite Najib Mikou, DG de Maroc Taswiq.

Le regroupement de l’offre apportera de nouvelles opportunités économiques

Constituées de petits producteurs aux capacités de production très limitées, les coopératives n’atteignent généralement pas la taille critique nécessaire à leur intégration dans les circuits classiques, notamment de grande distribution. En opérant la collecte de l’offre des petits producteurs à travers la mutualisation d’un transport adapté et au prix coûtant, Maroc Taswiq assure cette taille critique qui offre un pouvoir de négociations important face aux gros acheteurs. L’organisme se charge de la commercialisation de produits et assure également aux coopératives et producteurs indépendants la mutualisation de leurs achats d’emballages et accessoires de conditionnement et de transformation, leur offrant ainsi un gain de production et donc de compétitivité.

Maroc Taswiq se charge aussi de la commercialisation à l’étranger, du recouvrement des recettes et de la valorisation des produits à travers le recrutement de cabinets nationaux et internationaux pour les accompagner à mettre en place des systèmes de qualité qui soient reconnus à l’échelle internationale. En ce sens des partenariats seront signés avec des organismes publics et privés reconnus en matière de normes alimentaires, entre autres l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA).

7 804 coopératives dénombrées fin 2010

La démarche de Maroc Taswiq s’insère dans la stratégie de promotion de l’économie sociale et solidaire qui vise à valoriser les produits des petits producteurs. Avec 7 804 coopératives dénombrées fin 2010 et 380 144 adhérents en plus des associations et des mutuelles, le secteur de l’économie social dans son ensemble a généré près de 50 milliards de dirhams en 2011, d’après une estimation empirique du département de l’économie sociale du ministère des affaires générales et de la gouvernance. Depuis le lancement de l’Initiative nationale de développement humain (INDH), l’Etat fait un effort important en amont pour regrouper les petits producteurs en coopératives et mettre à leur disposition des outils et des infrastructures pour valorisation de leurs produits.

Ces efforts consentis sont cependant dispersés, en l’absence d’une vision globale du secteur qui représente moins de 1% du PIB lorsqu’il atteint 12% à 13% sous d’autres cieux. «L’économie sociale et solidaire est longtemps restée cantonnée à une approche caritative d’un secteur pourtant à vocation essentiellement économique. Il s’agit aujourd’hui de le restructurer à travers une amélioration du cadre juridique et une intégration globale dans les politiques économiques», indique Abdelmounaim Guessous, directeur de l’économie solidaire. Dans cette optique, un projet de loi sur le secteur coopératif et un sur le commerce équitable sont au parlement. Un autre projet sur l’économie sociale et solidaire est en préparation pour restructurer tout le secteur.

En attendant, dans le cadre de sa stratégie publique pour le renforcement de la commercialisation des produits des entreprises de l’économie sociale et solidaire à travers le projet magasin solidaire et équitable, toute l’attention sera accordée au petit producteur qui ne sera plus considéré comme étant un simple fournisseur mais plutôt un acteur engagé. En effet, le projet de loi restructurant Maroc Taswiq, en cours d’approbation au Parlement, lui confèrera le statut d’actionnaire privilégié dans le capital de Maroc Taswiq. Toutefois, l’Etat gardera la majorité des parts afin de garantir à l’organisme public sa vocation d’outil de service de l’Economie solidaire. Ce même projet de loi prévoit également la couverture maladie pour le producteur affilié dont il pourra bénéficier ainsi que les membres de sa famille.

Source : Zakaria Lahrach. La Vie éco

Mise à jour - Le mercredi 28 mars 2012

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