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Le lundi 10 septembre 2012

La coopérative agricole Limagrain investit au Brésil

Cinq ans après la création en France de sa première usine de fabrication de bioplastique, Limagrain exporte son savoir-faire au Brésil

Le groupe coopératif agricole Limagrain (1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires et 7.200 collaborateurs répartis dans 38 pays) vient de lancer au Brésil la construction d'une unité de fabrication de granulés de bioplastique, Biolice, marque déposée par ce semencier pour nommer une matière issue de farine de maïs qui peut se substituer à la plupart des matériaux thermoplastiques et est 100 % biodégradable et 100 % compostable. Ce projet est porté par un joint-venture créé avec le groupe familial Guerra, acteur important de la filière agricole brésilienne et déjà partenaire de Limagrain pour une activité de semences de maïs au Brésil.

Deuxième usine Biolice, l'unité de Pato Branco (Etat du Parana), qui démarrera ses activités dans un an, sera identique à la première, créée en 2007 à Ennezat (Puy-de-Dôme), avec une capacité de production de 8.000 tonnes par an. Comme en France, les granulés Biolice seront destinés à la fabrication de plastiques agricoles, d'emballages industriels, notamment pour les cimentiers, et de sacs. Toutefois, le surcoût des bioplastiques, de 30 % à 300 % par rapport aux plastiques issus du pétrole, est un frein au développement de cette filière. « Au Brésil comme ailleurs, une réglementation interdisant les sacs non biodégradables peut créer un marché pour ceux qui le sont. Cela s'est fait en Italie. Dans ce pays très décentralisé, qui utilise plus de 17 milliards de sacs par an, quelques Etats pourraient prendre ce type de mesures », expose Walter Lopez, chef de marché Biolice.

La Chine et l'Inde en ligne de mire

« Notre ambition est de faire de Biolice un acteur mondial dans le domaine des plastiques biodégradables », annonce Damien Bourgarel, directeur de la branche ingrédients céréaliers de Limagrain, qui souligne que «dans les pays émergents les problèmes de pollution sont les plus criants ». Après le Brésil, Biolice pourrait être fabriquée en Chine, où des essais de paillages agricoles sont en cours depuis trois ans, et en Inde, où des réflexions sont menées avec un partenaire semencier de Limagrain.

Le groupe auvergnat, qui réalise 36 % de son chiffre d'affaires hors Europe, poursuit le développement international de l'ensemble de ses activités - semences de grandes cultures, semences potagères et produits céréaliers -, à l'instar de quelques autres groupes coopératifs agricoles français. Comme Tereos, acteur mondial de la production de sucres, alcools et amidons, dont la filiale Tereos Internacional a, au cours de l'été, placé à la Bourse de Sao Paulo (Brésil) une augmentation de capital de 148 millions d'euros destinée à accompagner le développement de ses activités céréalières en France et sur les marchés brésiliens et chinois où elle s'est implantée en 2011.

Sylvie Jolivet, Les Echos

Source : LesEchos.fr

Mise à jour - Le lundi 10 septembre 2012

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