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Le mercredi 18 juillet 2007

Présentation

Le secteur de la finance au Québec s’est transformé de façon importante depuis 1996. Plusieurs nouveaux acteurs et une large panoplie de nouveaux instruments financiers ont vu le jour : Réseau d’investissement social du Québec (1997), Réseau québécois du crédit communautaire (2000), Filaction (2001), et la Fiducie du Chantier de l’économie sociale (2006). Ces nouvelles organisations se sont jointes à des institutions financières mises sur pied par le mouvement syndical dont la Caisse d’économie solidaire Desjardins, le Fonds de solidarité FTQ et FondAction et à un intervenant gouvernemental : Investissement Québec. Capital régional et coopératif Desjardins, mis en place en 2001, a également contribué à la capitalisation de certaines grandes coopératives. Ces acteurs de la finance solidaire et du capital de développement se distinguent des banques conventionnelles et du marché du capital de risque par leurs objectifs socio-économiques.

On constate que, depuis dix ans, les besoins en capitaux des entreprises collectives ont augmenté significativement. Malgré la présence de nouveaux instruments, l’accès au capital, et plus particulièrement à du capital patient et à de l’équité, constitue toujours un enjeu.

Dans ce domaine, comme dans d’autres, il faut poursuivre la recherche de solutions et innover. Le rôle de l’État comme partenaire et comme facilitateur est un incontournable dans ce processus. Il contribue à construire une nouvelle architecture financière qui s’intègre dans une vision de développement socioéconomique du Québec. Avec divers partenaires socio-économiques, il mobilise non seulement des capitaux, mais aussi et surtout de l’expertise et du capital social.

Le marché de la finance solidaire s’élargit. Il représente actuellement des montants significatifs par rapport au marché financier international. Cette activité pose, néanmoins, des défis associés directement à la disponibilité du financement, mais également aux conditions préalables pour le développement d’une spécialisation au sein du monde financier. Pour investir solidairement, les contraintes sont souvent structurelles ou institutionnelles.

Bien qu’il ait été démontré que les entreprises d’économie sociale sont, pour la plupart, moins risquées et qu’elles réussissent mieux que les entreprises privées, – et le succès de la Caisse d’économie solidaire Desjardins en témoigne depuis 35 ans, – il reste que le financement de ces entreprises continue de se heurter à des obstacles. Les problèmes rencontrés par les entreprises d’économie sociale se soldent moins fréquemment par une mise en faillite que pour les entreprises du secteur privé. Dans certains cas, les investissements dans ces entreprises sont aussi, sinon plus profitables que dans le secteur privé. Malgré cela, des problèmes de perception et d’évaluation persistent.

L’évolution du capital de développement et de la finance solidaire au Québec repose sur une histoire remplie d’invention, d’innovation, de création, d’audace et d’engagement. Et cela se poursuit. La mise en place prochaine de produits de quasi-équité ou de capital patient permettra d’élargir les possibilités d’investissement solidaire au-delà des instruments et produits de dette. Ces nouveaux outils permettront de construire un marché financier complet qui pourrait combler tous les besoins de financement, mais avec ses propres réglementations reflétant ainsi les particularités et la richesse des entreprises d’économie sociale.


Source : Investir solidairement, Bilan et perspectives - Rapport du Comité investir solidairement, Septembre 2006, p. 8-9.

Mise à jour - Le dimanche 18 janvier 2009

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