Recherche

ou et exact

Secteur d'activité

Économie sociale

Article

Le mardi 29 mai 2007

Rappel historique

Le modèle québécois d'économie sociale : un lieu d'innovation sociale

Au-delà de son poids économique, l'économie sociale a permis d'apporter des réponses originales et bien adaptées à de nombreux besoins. Depuis longtemps elle est un terrain fertile sur lequel ont pu éclore plusieurs innovations sociales.

Quand Alphonse Desjardins a regroupé ses concitoyens pour fonder la première coopérative d'épargne et de crédit à Lévis en 1900, il répondait à un besoin de contrôle local de l'épargne afin de répondre aux besoins du milieu. Il ne se doutait pas qu'il donnait ainsi naissance à ce qui allait devenir, 95 ans plus tard, la plus importante institution financière du Québec.

En 1905, le YMCA, un organisme sans but lucratif, fut parmi les premiers au Québec à offrir aux ouvriers voulant s'instruire un accès à des activités de formation après les heures de travail. C'est là l'origine de l'éducation des adultes au Québec, une mission reprise par la suite par nos institutions publiques et parapubliques.

De la même façon, les cliniques médicales créées dans les quartiers populaires de Montréal à la fin des années soixante ont servi de modèles à la mise sur pied d'un réseau de CLSC à travers tout le Québec.

Il en fut également ainsi des cliniques juridiques. Fondées par des étudiants universitaires convaincus de la nécessité d'offrir aux gens moins fortunés un accès aux services juridiques, ces cliniques ont servi de pierres d'assise pour notre système d'aide juridique.

Depuis la fin des années 1960, le développement de services de garde sans but lucratif a joué un rôle important dans l'accession des femmes au marché du travail.

En somme, ces initiatives communautaires, qui s'inscrivaient clairement dans le domaine de l'économie sociale, ont en quelque sorte servi de lieux de recherche, d'élaboration et d'émergence de nouvelles pratiques au Québec. Certaines furent par la suite prises en charge par l'État, d'autres se développèrent de manière autonome dans la société civile. Toutes cependant ont contribué - et continuent de le faire - à façonner notre réalité sociale et économique d'une manière particulière.

Une contribution importante au dynamisme économique et social

Récentes ou anciennes, coopératives ou associatives, les initiatives d'économie sociale donnent au Québec certaines des couleurs les plus marquantes de son paysage socio-économique et culturel. Et surtout, elles offrent aux populations et aux collectivités qu'elles desservent et qui les soutiennent des services d'une utilité sociale indiscutable.

Citons, par exemple, le rôle des maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence ou encore les centres de femmes qui offrent des services et du soutien indispensables au développement et à la promotion de l'égalité et de l'autonomie. Pensons aussi à l’ensemble des initiatives destinées à soutenir les personnes âgées, s'ajustant au contexte du vieillissement de la population et répondant à des besoins de plus en plus diversifiés. Mentionnons également les groupes d'éducation populaire autonome qui, par leurs nombreuses activités, contribuent largement à ce que les hommes et les femmes s'approprient leur citoyenneté. Citons encore le domaine de l'habitation où l'économie sociale offre des moyens et des services d'une valeur inestimable pour une portion importante de la population qui trouverait encore plus difficile, sans les coopératives d'habitation et les organismes sans but lucratif, de faire valoir ses droits à un logement décent.

Dans les domaines de la production, on ne peut manquer de souligner l'apport déterminant des coopératives agricoles et forestières au dynamisme économique des régions. De la même manière, on ne peut, non plus, passer sous silence le rôle marquant des organismes sans but lucratif dans le domaine culturel où ils jouent un rôle essentiel au rayonnement des oeuvres, à la démocratisation de la culture et au développement des pratiques culturelles. Les OSBL du secteur culturel jouent aussi un rôle marquant dans l'élaboration des contenus et des produits nécessaires au déploiement de la nouvelle économie traversée par les inforoutes et les nouvelles technologies.

On pourrait également souligner le rôle structurant des initiatives d'économie sociale dans le domaine des loisirs et du tourisme. On pourrait aussi mettre en lumière les réalisations nombreuses et innovatrices du mouvement des femmes et de la jeunesse qui utilisent la logique de l’économie sociale avec une remarquable efficacité.

Il en va de même dans le domaine du développement économique local et régional. L'émergence, depuis une dizaine d'années particulièrement, de nombreux organismes sans but lucratif dont la mission première est le développement économique au bénéfice de collectivités ou de groupes marginalisés reflète la capacité de l'économie sociale de s'aventurer dans de nouveaux domaines et de s’adapter, par des solutions innovatrices, aux réalités et aux besoins les plus actuels.

Bien que le portrait global de l'apport de l'économie sociale à la vie économique du Québec ne soit pas disponible, il est possible d'affirmer que sa vitalité et sa présence dans bon nombre de secteurs et dans toutes les régions en font un domaine porteur d'espoir en matière de création d'emplois. Un espoir qui peut grandir encore si on lui accorde pleine reconnaissance et si on lui fournit les outils nécessaires à sa consolidation et à son développement.

Mise à jour - Le dimanche 18 janvier 2009

Économie sociale

Boîte à outils

En savoir plus